24/06/2016

Les Britanniques ont dit « non » à leur maintien dans l’Union européenne. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’Europe. Mais il s’agit aussi d’une mauvaise nouvelle pour le Royaume-Uni, qui va entrer dans une période d’instabilité politique et d’incertitude économique.

Lire  : Le Brexit l’emporte avec 51,9% des voix

L’Union européenne doit faire face. Elle doit se ressaisir, réinventer son avenir. Répondre aux défis. L’Union n’a plus de réponse convaincante aux difficultés que rencontrent les citoyens : crise migratoire, menace terroriste, faible croissance, persistance du chômage… Les institutions européennes apparaissent si lointaines, comme désincarnées.

Il nous faut donc redonner à l’Union européenne un sens, un pouvoir mobilisateur : celui qui a permis une paix solide au lendemain de la seconde guerre mondiale ; celui qui a fondé la croissance et le progrès social, pendant des années ; celui qui a conduit nombre de pays à vouloir la rejoindre, après 1989, et non à la quitter !

Le temps n’est plus à l’élargissement de l’Union mais à sa rénovation, à son approfondissement. Je vois deux urgences pour l’Europe.

Plus de convergence et de solidarité

Lors du référendum sur Maastricht, avec Philippe Seguin, notre opposition au traité reposait sur une analyse : le bon fonctionnement de la zone euro suppose une coordination des politiques budgétaires ainsi qu’une harmonisation fiscale et sociale. La monnaie unique est aujourd’hui une réalité incontournable, mais la convergence est loin d’être atteinte, et notre pays – ce n’est pas le seul – a une lourde responsabilité à cet égard. En ne respectant pas nos engagements, nous avons engendré la méfiance.

Il faut d’abord rétablir la confiance si nous voulons que l’Union se dote de politiques en faveur de la croissance et l’emploi, du soutien à la recherche et à l’industrie, ou de l’émergence de « champions » européens. L’énergie et le numérique, c’est l’Europe du charbon et de l’acier d’hier ! Sur le plan social, la priorité c’est la lutte contre le « dumping » en se fondant sur le principe de justice « à travail égal, salaire égal ».

Une « Europe puissance » qui protège les citoyens et qui s’appuie sur les Nations et les peuples

Il est illusoire de penser qu’un seul État a la capacité de faire face aux crises migratoires, d’une ampleur inédite. Nous devons : réformer les accords de Dublin et de Schengen, harmoniser les règles d’asile, mener une politique européenne de l’immigration alliant coopération conditionnelle et fermeté avec les pays d’origine, quant à leurs engagements en termes de réadmission. Les solutions existent, sur le modèle du « Plan Afrique » de l’Espagne. Protéger concrètement les frontières extérieures, c’est instaurer un contrôle systématique des entrées et des sorties de l’espace Schengen ; renforcer les moyens de Frontex ; créer un corps européen de surveillance des frontières extérieures de l’Union, sans pour autant effacer quand ils se révèleront nécessaires, comme aujourd’hui, les contrôles nationaux.

Face à la menace terroriste, l’Europe doit sortir de son indolence : dix ans pour se doter d’un fichier sur les passagers empruntant le ciel européen ! Il faut renforcer la coopération entre services de renseignements et de police, et créer un Parquet européen. Le renforcement de la sécurité est la contrepartie indispensable à la libre circulation des personnes.

Enfin, l’Union ne peut s’affirmer en tant que puissance si les pays membres continuent à baisser la garde en matière de défense. La France est souvent trop seule à assurer la lutte contre le terrorisme à l’extérieur des frontières de l’Union européenne.

Pour un groupe d’États pionniers, avec l’Allemagne

Ne nous perdons pas dans des discussions institutionnelles. Agissons dès à présent, avec pragmatisme ! Les atouts de l’Union européenne sont nombreux : à nous de les activer. La France a vocation à dialoguer avec tous les États membres de l’Union. Dans une Europe à 27, des coopérations renforcées entre un nombre plus réduit d’États, qui refusent une Europe au rabais, sont inévitables. Rassemblons les pays qui veulent aller de l’avant et formons, avec l’Allemagne, un groupe ouvert d’États pionniers. Appuyons-nous sur les Peuples, les Nations, les Parlements nationaux pour que ces « pionniers » imaginent, réinventent, reconstruisent, tout en respectant le principe de subsidiarité. Parce que nous sommes encore une Nation, nous pouvons être l’un des piliers majeurs de cette refondation.

Le couple franco-allemand est le pilier et l’âme de cette reconstruction européenne. Ce couple s’est distendu au fil des ans. Il a besoin d’une France plus sûre d’elle-même.

Comme elle l’a fait en 1958, la France doit associer le redressement économique et financier, l’engagement européen et la relance du couple franco-allemand : c’est ainsi que notre pays sera à la hauteur de ses responsabilités dans une Europe qui doit réagir et se donner de nouvelles chances. Elle en a les moyens.

Lire également  : Brexit, l’unité du Royaume-Uni est-elle menacée ? et de notre envoyé spécial à Glasgow : Le risque de « Brexit » creuse le fossé entre l’Écosse et l’Angleterre

 

crédit photo : Atta Kenar/AFP

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